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Compte-rendu de l’intervention d’Aleksandra Majstorac Kobiljski : « Au carrefour de l’histoire de la Chine et du Japon »

Compte-rendu de l’intervention d’Aleksandra Majstorac Kobiljski dans le séminaire des doctorants sur le thème « Au carrefour de l’histoire de la Chine et du Japon », mardi 8 novembre 2011

 

Il y a quelques jours, j’ai eu le plaisir de rencontrer pour un séminaire les doctorants en études chinoises. Pendant mon intervention, j’ai d’abord présenté mon parcours d’une thèse de doctorat sur la généalogie et la genèse d’une institution d’éducation supérieure au XIXe siècle au Japon à mon projet présent sur l’histoire de la cokéfaction en Asie du Nord-Est. Pour cela, j’ai expliqué la logique de ce chemin, celle qui suit les fils d’Ariane trouvés dans les archives sans réservations.

 

L’étude de l’université missionnaire de Dōshisha à Kyoto m’a amenée d’un coté à une université fondée dix ans plus tôt au Moyen-Orient par les mêmes missionnaires, et de l’autre coté, aux travaux d’un chimiste qui, un des premiers étudiants de Dōshisha et, plus tard, son président, inventa un processus révolutionnaire de cokéfaction.

 

Aller à Beyrouth était nécessaire pour comprendre comment Dōshisha est devenue possible. C’est là-bas que le concept mal compris d’une université à la fois laïque et missionnaire avait passé l’épreuve du temps. Le fondateur de Dōshisha n’a pas eu grandes difficultés à financer son projet alors que ses collègues du Syrian Protestant College de Beyrouth, dix ans avant, ont dû se battre pendant des années pour réunir leurs fonds en dépit de l’opposition de leurs supérieurs.

 

J’ai souligné que la recherche nous emmène dans des parties du monde que nous ne pensions pas visiter, mais c’est parfois indispensable : je n’aurai pas pu expliquer la genèse de l’université à Kyoto sans aller au Liban.

 

Plus tard, en dépouillant des cartons aux archives de Kyoto, je suis tombée sur les papiers personnels de Shimomura Kotara, le sixième président de Dōshisha, qui s’est illustré quand il a réussi a produire du coke de qualité, jusque là importé, à partir de charbon de basse qualité abondant localement. Cela a permis au Japon de développer son industrie sidérurgique et de garantir son indépendance énergétique à l’abri des embargos des producteurs européens. Trouver ces archives a été une chance pour moi, et aussi un défi, ignorante que j’étais des technologies du charbon et de l’acier : j’ai continué sur cette piste et me suis donc retrouvée dans les mines de Mandchourie.

 

J’ai voulu illustré par cette description pourquoi il ne faut pas tourner son dos aux archives, même si elles vous prennent dans des directions inattendues et en dehors de vos compétences du moment.

 

Ces deux heures d’échanges ont été un inspiration et j’espère les revoir bientôt.

 Pous en apprendre davantage sur Aleksandra : http://cecmc.ehess.fr/document.php?id=1429

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